Mercredi 5 aout 2026
Dette technique : arrêtons de la subir, commençons à la chiffrer
La dette technique, tout le monde en parle. En réunion d'équipe, entre deux tâches, dans les couloirs. Et pourtant, elle finit presque toujours en bas de la pile, juste derrière la feature qui, elle, a un ticket Jira, un sponsor et une date de mise en prod. Le problème n'est pas que personne ne s'en soucie. Le problème, c'est qu'elle reste un sujet d'ambiance quand elle devrait être un sujet de comité de direction.
Le vrai souci n'est pas la dette, c'est son flou
« Il faudrait refactorer ce module. » « Ce composant, c'est un château de cartes. » On connaît tous ces phrases. Elles sont vraies, elles sont sincères, et elles ne convainquent jamais personne au-dessus du niveau tech lead. Pas parce que les décideurs ne comprennent rien au code, mais parce qu'on leur demande d'arbitrer entre quelque chose de concret (une feature, un chiffre d'affaires, un client qui attend) et quelque chose de vague : un inconfort d'ingénieur. Tant que la dette technique reste une intuition, elle perdra systématiquement l'arbitrage. Ce n'est pas un problème de conviction, c'est un problème de langage.Chiffrer, concrètement
Chez Olympp, on a arrêté de plaider la dette technique à l'instinct. On la mesure avec trois indicateurs simples, qui ne demandent ni outil magique ni grand chantier de mesure :- Le temps de contournement par sprint : combien d'heures l'équipe passe-t-elle, chaque itération, à faire un détour parce que le code ne permet pas de faire les choses proprement ? Un workaround qu'on recopie trois fois, une variable de config qu'on doit modifier à la main à chaque déploiement.
- La récurrence des incidents sur un même module : un bug qui revient trois fois en six mois sur la même brique n'est pas un bug. C'est un symptôme.
- Le temps d'onboarding sur cette partie du code : combien de temps faut-il à un développeur expérimenté pour devenir autonome sur ce module précis, comparé au reste du système ?